• A la veille de son départ au combat, Heller, lieutenant de l'armée prussienne, peintre dans le civil, se confronte, dans une longue lettre testamentaire, à un autre front, intérieur et non moins dévastateur, celui d'un amour impossible avec Else, une jeune Française rencontrée dans le Paris de l'avant-guerre. "Cendors, ici encore, déroute et enchante avec ce court roman dense et fiévreusement poétique qu'il dédie à la mémoire d'Alain-Fournier".
    Véronique Cassarin-Grand, L'Obs "Cette vibrante mélopée attribue à la poésie un rôle salutaire. "La poésie, c'est désimaginer le monde tel qu'on nous le vend. C'est découvrir qu'il n'est rien et que s'en éveiller est tout". Frédérique Roussel, Libération

  • L'enigmaire

    Pierre Cendors

    «L'humanité nous a donné un merveilleux aperçu sans avenir de sa destinée terrestre, nous avons soldé le sol. Sa marchandisation fut notre ruine».

    Orze, un village bombardé en 1916, a été transformé depuis en zone rouge interdite au public. Des fouilles archéologiques y révèlent une activité géomagnétique anormale et les vestiges d'un ancien culte chthonien. Ceux qui s'y rendent en reviennent inexplicablement changés. Trois inconnus - Laszlo Assenzio, surnommé Little Nemo, le premier «spacien», Adna Szor, une musicienne en deuil, et Sylvia Pan, une femme en quête de racines - se confrontent tour à tour aux mystères d'un territoire marqué par les révolutions croisées du règne naturel et de l'homme.
    Roman-monde d'un éclat sombre, juxtaposant les époques et les voix, L'Enigmaire explore les arcanes du vivant et nous invite à repenser la violence de la création et celle de l'homme. Ecrit en hommage à Andreï Tarkovski, il donne voix à l'esprit des lieux. Et couronne un travail de réflexion poétique quant au rapport au terrestre en s'articulant autour de deux pensées, celle d'Elisée Reclus qui écrivait : « L'homme, c'est la nature prenant conscience d'elle-même » ; et celle de Gary Snyder : « Les profondeurs de l'esprit, l'inconscient, sont nos propres étendues sauvages ».

  • Un réalisateur de génie - Ego Storm - se retire du monde avant la diffusion d'une trilogie qui révolutionne l'histoire du cinéma. Il s'installe dans des terres isolées et mentionne dans le dernier courrier qu'il laisse avant de disparaître le rôle qu'aura tenu Erland Solness dans sa vie. Mais qui est cet homme mystérieux ?

    Pierre Cendors nous livre avec Archives du vent un texte aux pouvoirs étranges, hypnotiques, qui questionne la réalité de nos vies et la beauté du monde. Jamais l'auteur n'était allé aussi loin dans son oeuvre : « Mon histoire n'est pas un roman. Il ne s'agit pas plus d'un testament que d'une confession. C'est une formule talismanique pour sortir du monde sans en sortir, un blanc chamanique de la parole, quelque chose comme une aire de hors-jeu dans le grand jeu cosmique où se joue notre existence. » (Extrait de Archives du vent.)

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  • Silens moon

    Pierre Cendors

    Un roman hors normes, entre poésie, alchimie et quête spirituelle.

    En 1935, en Allemagne, un homme atteint sa quarantième année dans une solitude qu'il s'est choisie. Un héritage l'a mis à l'abri des soucis matériels. Mais il vit hanté à la fois par le souvenir d'un ancien et mystérieux voisin qu'il surnomme « le loup des steppes » et la découverte récente d'un homonyme dont il ne sait rien, sinon qu'il vient de mourir. Herne Heimlicht décide d'enquêter sur la vie de cet individu qui porte son nom, ignorant que sa quête va l'amener à devenir l'amant d'une artiste sublime : Nada Neander.
    Construit comme un jeu de pistes, reposant sur une langue privilégiant la rêverie et la lenteur, Silens Moon poursuit l'exploration des thèmes qui traversent toute l'oeuvre de Pierre Cendors : l'illusion des identités, les cohérences secrètes du monde.

  • Pierre Cendors invente le dernier épisode de la mythique série télé La Quatrième Dimension.

    « Le scénariste tenait encore le script dans sa main quand on l'a découvert étendu sur son lit d'hôpital. Traumer est mort seul, une nuit, en écrivant la fin du feuilleton qui clôt la dernière saison. Traumer n'a pas écrit le mot fin. Traumer a seulement laissé un blanc après la dernière phrase, après le dernier mot. C'est tout ce qui reste de lui ».

    Arrivé au crépuscule de sa vie, un scénariste (Todd Traumer) est sollicité pour écrire son chef-d'oeuvre : l'ultime épisode de La Quatrième Dimension, la mythique série télé. Vie posthume d'Edward Markham est l'histoire de ce film, et de cet homme.

  • « J'aimais la pluie, tous les visages de la pluie, avec une sorte d'adoration primitive. La pluie lourde des orages d'étés, gouttes de terre enciellées qui délivrent des senteurs torréfiées ; la pluie nocturne et lente des soirées d'automne, celle de janvier, éteinte et engourdie, qu'un vent mauvais houspille, et ma préférée, celle que l'on hume, la nuit, la fenêtre grande ouverte : la pluie, dense et serrée comme la chaume, la pluie invisible des grands espaces et qui est la voix recluse de notre silence ».

    Lundi 28 septembre 1914: un lieutenant allemand, peintre dans la vie civile, est renvoyé au front. C'est en pressentant sa mort imminente qu'il écrit au cours d'une nuit une longue lettre d'amour. Il s'adresse à une femme française dont il préparait un portrait avant le début de la guerre et qu'il est persuadé de ne plus jamais revoir.

    Dans un texte qui relève autant du roman, de la poésie et du manifeste, Pierre Cendors présente l'expérience amoureuse comme une aventure fondamentale qui habite notre silence le plus intime. Il y a dans Minuit en mon silence une quête qui fait songer aux Lettres à un jeune poète de Rilke ou aux Disciples à Saïs de Novalis. Après Archives du vent, il s'agit de la deuxième oeuvre de Pierre Cendors publiée par Le Tripode.

  • Adieu à ce qui vient

    Pierre Cendors

    • Finitude
    • 12 Octobre 2011

    À Venise, la rumeur se répand : un étranger s'est installé en ville. La foule, friande de nouveautés, assiège les témoins de son arrivée. Si le savant Ricorni ne voit en lui qu'un jeune et bel homme; Fulvia, la célèbre courtisane, a noté sa richesse. Mais malgré l'attention fébrile que lui porte tout Venise, Inno reste caché derrière les murs de son palazzo. Curieux et un peu jaloux de celui qui attire ainsi tous les regards, Ricorni rend visite à l'impudent étranger. L'inimitié entre les deux hommes est immédiate et le succès des fêtes qu'Inno va bientôt organiser, les plus belles, les plus majestueuses que Venise ait jamais connues, n'attisera qu'un peu plus la jalousie du savant. Ce dernier décide alors d'utiliser les talents de Fulvia pour tenter de tourner Inno en ridicule. Son stratagème échoue ; Fulvia quitte la ville. Fin du premier acte...
    Les fêtes, devenues au fil des ans de plus en plus grandioses, ne suffisent plus à Inno dans sa quête de l'amour parfait. Il accueille désormais des jeunes filles en sa demeure, le temps d'une saison. De la bouche de l'une d'entre elles, il apprend qu'une certaine Auria, une orpheline au visage d'ange, vient d'arriver en ville. Chaque dimanche, Venise se presse pour l'écouter chanter. Sa voix bouleverse Inno qui ne manque aucune de ses apparitions. Ricorni voit en cette affection l'occasion de se venger. Il adopte la belle enfant pour la tenir à distance de son admirateur. D'autant qu'il se pourrait bien qu'elle soit la fille de Fulvia...
    À travers ce conte, Pierre Cendors revisite le mythe d'Eros et Psyché et nous offre un récit précieux dans lequel tout est symbole. Il s'empare de personnages qui sont de véritables archétypes (le Prince, l'orpheline, le savant ou la courtisane) et qui, peu à peu, prennent corps grâce au drame qu'ils sont en train de jouer. Mais le personnage central de cette histoire reste Venise, une Venise fantasmée née de la littérature et du théâtre.

  • Avant de perdre la mémoire à la suite d'un accident, l'écrivain Paul Fauster travaillait sur la biographie de l'une des figures poétiques les plus mystérieuses du XXe siècle : Endsen, disparu à Prague dans les années cinquante sans laisser de trace. Résolu à dénouer les fils qui lient son propre passé à celui du poète, Fauster découvre peu à peu l'étrange complot qui, de Prague à Berlin, de Petrograd à Moscou en passant par Budapest, a failli lui coûter la vie.
    Dans ce roman vertigineux où l'enquête littéraire se mêle à la grande Histoire, Pierre Cendors entraîne le lecteur dans un étonnant labyrinthe où chaque indice mène à une nouvelle énigme, jusqu'au coup de théâtre final.

  • Au printemps 2011, l'auteur est parti en Islande pour la préparation d'un roman ; Comme Martin Buber, il pourrait écrire aujourd'hui : Tous les voyages ont des destinations secrètes dont le voyageur n'a pas conscience. Car, dès le premier regard, le voyageur est transporté.
    Ailleurs.
    Durant un mois, il a marché, vécu et écrit les pages de ce carnet :au nord-ouest de l'ailleurs, là-haut, dans l'invisible dehors, à la frontière boréale de l'esprit.

  • Exil exit

    Pierre Cendors

    « Tu marches. Tu aimerais t'arrêter. Tu marches, attendant tu ne sais quoi, attendant qu'un désir d'enfance promène le ciel de sa lampe sous les branchages. Il fait noir en toi. Tu ne vois rien au-delà. Tu marches, pourtant. Nécessaires le pas engendrant l'abandon. Nécessaire l'abandon mûrissant le pas. » Un certain point du chemin atteint, un homme découvre qu'il est temps de rendre ce que la vie lui a donné. Il ouvre les mains. Elles sont vides. Un autre chemin commence dans la solitude. « Solitude : vital pour retrouver son innocentre. »

  • Qui est Aden ? Quel appel intérieur aiguille l'errance de ce passant solitaire «.que les paroles n'atteignent plus [.] qui, face à un silence au plus profond de sa voix, s'est tu » ? Dans une ville anonyme, Aden arpente le visible en foulant l'invisible du même pas. Le long d'un parcours initiatique traversé de doutes et d'illuminations, sa dérive s'éclaire peu à peu, alors le silence du poète se déploie jusqu'à rejoindre celui de « l'ampleur du monde dans le pas d'un homme » de tout homme en chemin au-delà de lui-même, en marche sur la Rimbaudelaire Road.

  • Engeland

    Pierre Cendors

    Berlin 1930.
    Fausta K, une jeune photographe, se lance à la recherche d'un ami d'enfance disparu sans laisser de traces. Par hasard, dans la vitrine d'un galeriste, elle découvre ses traits sur un tableau dont la signature, Engel, sera le point de départ d'une quête dans les milieux de l'avant-garde artistique berlinoise, le point de départ aussi d'un long voyage intérieur qui nourrira son propre travail de photographe, bientôt admiré et reconnu.
    Fausta traverse le vingtième siècle et ses drames, elle est le pivot d'une intrigue terriblement efficace, au terme de laquelle la survivance de l'espoir, malgré la perte des illusions, donnera un sens à sa vie.

  • Un texte court dont on se souvient longtemps, un livre d'images qui se traverse comme un rêve. À la fin - au réveil - on sait ce qu'on a vu sans pouvoir le décrire. Reste la sensation d'avoir approché quelque chose que la réalité n'aurait pas pu révéler ou qu'on n'aurait pas su reconnaître. Un livre rare, présenté dans la collection «Texte au carré» (une couverture entièrement illustrée, une préface, une nouvelle).

    Un train recouvert de glace, le train bleu, apparait chaque soir avant la tombée de la nuit. La mystérieuse machine fantôme ne fait jamais halte ; le train roule à destination de nulle part. D'où peut-il provenir ? Qui le conduit ? Où sont les voyageurs ? L'enfant qui parle peu possède peut-être la réponse. « On dit que les histoires d'autrefois commençaient toutes dans les bois. La mienne s'y terminait. Je redoutais d'y suivre l'enfant. Plus que tout, je redoutais de me retrouver face à mes rêves. » Cette nouvelle, préfacée par Cécile Wajsbrot, évoque l'attente, la mémoire, le rêve. Et le train, métaphore de tous les flux, de tous les déplacements, dont les déportations, soulève la question qui tourmente : quelle immense erreur s'est produite ? Quel désordre irrémédiable ?

  • Enfance soir

    Pierre Cendors

    " Avant que cela ne commence, tu ne quittais jamais le dortoir, la nuit. Tu restais dans ton lit jusqu'au matin. Comme moi, comme nous tous ici, tu tirais le rideau pour t'enfermer, t'allonger dans le noir. Avant que cela ne commence, tu lisais, un livre caché sous les couvertures ou regardais les pages sans lire. Tu éteignais la radio ou t'endormais en la laissant allumée sous l'oreiller. Tu fermais les paupières pour écouter ou rêvassais en silence, les yeux ouverts. "

  • L'homme cache

    Pierre Cendors

    • Finitude
    • 8 Février 2006


    que savez-vous de moi ? ce qu'on en a dit à votre mort, un peu partout : poète visionnaire, homme caché, secret ; solitaire, dont la disparition accidentelle à prague, a façonné une légende, fixé l'élan romantique pour les jeunes générations.
    je crois que c'est à peu près tout. vous pouvez me poser une question. pourquoi êtes-vous mort au juste ? j'ai oublié. endsen, romancier et poète, a disparu à prague dans de troubles circonstances, en 1984 pour les uns, en 1991 pour les autres. a-t-il été un opposant au régime communiste ? a-t-il simplement disparu pour protéger ses proches ? est-il mort, d'ailleurs, ou a-t-il secrètement pris le train pour une ville inconnue ? pierre cendors part sur les traces d'endsen et nous plonge, grâce à une construction aussi habile qu'intelligente, dans un univers oú se mêlent réalité et fiction, doutes et certitudes.


  • Seuil du seul Nouv.

  • Aux dires de Pierre Cendors lui-même, Le Loup des steppes d'Hermann Hesse est le roman qui l'accompagne incessamment depuis l'adolescence, celui qu'il relit le plus volontiers. En 2016, il décide de raconter lui-même l'histoire d'un de ses personnages, demeuré à l'état d'esquisse dans l'oeuvre de Hesse. Cette entreprise aboutit à deux textes publiés simultanément : d'une part Silens Moon, le récit à proprement parler, qui paraît aux éditions du Tripode ; d'autre part ce Tractatus solitarius, écrit inclassable qui tient à la fois du roman, du carnet de voyage, du poème, de l'essai critique et du traité philosophique.
    Bien qu'il emprunte sa forme analytique et même son titre à cette dernière tradition - qu'on songe au Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein -, l'ouvrage, se situant plutôt dans la lignée du Crépuscule des idoles de Nietzsche ou des Feuillets d'Hypnos de Char, constitue en réalité une série d'aphorismes poétiques reliés entre eux par une voix et une trame narratives : le locuteur embarque de nuit sur un navire lancé dans une direction inconnue. La forme du traité vise dès lors à suivre pas à pas un cheminement symbolique, à restituer point à point l'exploration d'une terra incognita.
    Ces domaines inexplorés, nous dit le narrateur, sont les tréfonds intérieurs de l'homme, ce réservoir de forces primitives, inusitées, reléguées à l'arrière du jeu social, par laquelle l'homme s'ancre intimement dans l'espace du monde.
    C'est en ce point que la profession de foi poétique de Pierre Cendors, déjà présente dans ses précédents textes, recoupe l'oeuvre d'Hermann Hesse. Prenant appui sur sa correspondance et ses essais, Cendors développe une approche où l'analyse critique le dispute brillamment à l'exhortation poétique. La relation de l'homme au monde, nous dit-il, est altérée par sa façon de vivre comme individu parmi d'autres individus ;
    Pour la restaurer, il lui faut remonter en solitaire à la source de son être, là où il touche encore à l'absolu.

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