Sélection 2020/2021 : récompense à un second roman

  • Thomas, Mehdi et Louise se connaissent depuis l'enfance.

    À cette époque, Les Verrières étaient un terrain de jeux inépuisable. Aujourd'hui, ils ont grandi, leur quartier s'est délabré et, le temps d'un été, l'usine devient le centre de leurs vies.

    L'usine, où leurs pères ont trimé pendant tant d'années et où Thomas et Mehdi viennent d'être engagés.

    L'usine, au centre de la thèse que Louise prépare sur les ouvriers frontaliers, entre France et Suisse.

    Ces enfants des classes populaires aspiraient à une vie meilleure. Ils se retrouvent dans un monde aseptisé plus violent encore que celui de leurs parents. Là, il n'y a plus d'ouvriers, mais des opérateurs, et les machines brillent d'une étrange beauté.

    Grande fresque sur la puissance et la fragilité de l'héritage social, Thomas Flahaut écrit le roman d'une génération, avec ses rêves, ses espoirs, ses désillusions.

  • 11 mars 2004 : attentats dans les gares de Madrid. Alice, qui vit à Madrid puis 7 mois et qui est restauratrice de tableaux, spécialiste de Zurbarán, fait partie des nombreuses victimes. Elle sort indemne mais choquée de la catastrophe qui fera plus de 200 victimes. Après le drame, Alice n'est plus la même: elle qui aimait tant travailler sur les détails des soieries et raviver la beauté des saintes de l'Allégorie de la charité, trouve désormais son travail dérisoire. Et même la relation amoureuse avec Angel, chef-cuisinier venu de Colombie, est remise en cause. Elle vit les affres de la culpabilité des « survivants ». Bientôt emmurée dans son silence, seule avec sa blessure intime, elle a besoin de rentrer en France. Mais comment faire quand on est incapable de prendre un avion ou un train ? En France, le drame espagnol est déjà loin des mémoires...

  • Une famille a trouvé refuge en pleine montagne, où elle tue les oiseaux et les brûle au lance-flammes : ils seraient à l'origine d'un mal ayant conduit l'humanité à son extinction. Tandis que la mère pleure et chante son existence passée, le père seul s'aventure aux confins de leur « sanctuaire », d'où il rapporte tout ce qu'il trouve pour assurer la survie des siens. Mais le monde est-il vraiment devenu ce qu'il en dit ? Est-il jonché de cadavres qui pourrissent le long des chemins ? Comment être certain des motifs qui le conduisent à cloîtrer sa famille, à dispenser à ses filles un entraînement quasi militaire et à se montrer chaque jour plus imprévisible et brutal ?
    Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du « sanctuaire » - et avec elles, la loi de ce père qu'elle admire plus que tout. Ce sera pour tomber entre d'autres griffes: celles d'un vieil homme sauvage, menaçant et lubrique qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l'enfant...
    Écrit en 2019, bien avant qu'une pandémie de coronavirus conduise au confinement de la moitié de l'humanité, Le Sanctuaire déploie et sublime ce qui faisait déjà la puissance d'Une immense sensation de calme : une ode à la souveraineté de la nature et une compassion pour nous autres, humains, qui devons sans cesse lutter pour notre survie. À mi-chemin entre David Vann et Antoine Volodine, le deuxième roman de Laurine Roux confirme la singularité et l'universalité de sa voix.

  • Sur Favitas, une île presque déserte cernée par des pays en guerre, parle Vita une vieille femme solitaire. Elle vit ici avec ses souvenirs, ses morts dont elle porte les ombres, ses chèvres et les paniers qu'elle tresse. Elle a aimé l'île, la mer, le corps des hommes et surtout celui de Yann mort assassiné.
    Un jour le fils de Yann, jeune champion de course à pied débarque sur l'île. Il est à la recherche de lui-même. Il court dans le bonheur, la douleur, le doute, le défi. Il court pour n'être plus seulement le fils de Yann. L'Anse des coquelicots a la violence et la beauté des tragédies grecques.

  • NICE - 1947. Aurore Félix, jeune Niçoise, s'apprête à faire ses adieux à sa famille, son pays et au soleil méditerranéen pour rejoindre son beau G.I. Martin en terre promise des États-Unis d'Amérique. Elle rêve alors à une nouvelle vie, faite de promesses de liberté et de cet avenir fabuleux que seul le « Nouveau Monde » semble pouvoir offrir.

    Mais une fois l'Atlantique traversé, Aurore découvre que son fiancé ne l'a pas attendue. Abandonnée, sans repère, elle ne fera pas demi-tour et se retrouve à tenter de vivre sa vie sur ces terres inconnues.

    La vie d'Aurore s'écrit ainsi dans les plis de l'Histoire, du fin fond du Midwest, jusqu'à New York et Montréal?; des combats pour les droits des femmes à la lutte pour l'égalité civique et la liberté de chacun.

    Dans ce tourbillon constant, la liberté d'Aurore se dessine en creux. Elle deviendra mère, recréera un foyer peu conventionnel et se battra sans relâche pour trouver sa place.

    Il y a comme ça des vies oubliées qui racontent toute l'histoire d'une société.

  • soleil de cendres

    Astrid Monet

    • Agullo
    • 27 Août 2020

    L'histoire se déroule à Berlin aujourd'hui et se passe en trois jours : « Le jour du retour, le jour du tremblement et le jour sans nom ». Trois jours durant lesquels va se jouer le destin de trois personnages.

    Dans une Europe accablée par une chaleur étouffante, Marika, 38 ans, revient à Berlin avec son fils Solal. Ce voyage en Allemagne replonge la jeune française dans une langue étrangère et un passé douloureux : sept ans plus tôt, à la naissance de Solal, elle a quitté la ville brutalement. Aujourd'hui, elle emmène son enfant rencontrer pour la première fois son père, Thomas, un célèbre dramaturge et metteur en scène allemand. Elle accepte de les laisser seuls tous les deux pour une nuit.
    Le lendemain, alors qu'elle doit les retrouver dans un café, une catastrophe naturelle sans précédent va bouleverser le pays et le destin de cette famille. Dans l'Ouest de l'Allemagne, un vieux volcan s'est réveillé : une éruption d'une intensité terrible laisse échapper une nuée ardente et en quelques heures un nuage de cendres recouvre Berlin de ses flocons noirs. Au même moment, la ville est secouée par un violent tremblement de terre qui coupe la ville en deux. Dans ce décor de fin du monde, Marika part à la recherche de son fils, pris au piège avec son père dans les décombres.
    Quand la poésie de Réparer les vivants de Maylis de Kerangal rencontre l'amour filial et le monde apocalyptique de La route de Cormac McCarthy.

  • Atteint d'une maladie incurable, Sitam quitte ceux qui partagent son existence. Mais conscient de son erreur, il cherche à retrouver sa compagne. Les tentatives infructueuses s'enchaînent, il se résigne donc à mener une vie solitaire. Alors qu'il semble abandonner tout espoir, la mort de l'un de ses anciens copains l'oblige à revenir dans sa banlieue natale. Un voyage qui le replonge dans le passé. Ils formaient une bande et tous ont grandi entre la déconne, les problèmes d'argent et une soif immodérée d'aventure. En les retrouvant, Sitam mesure l'ampleur de l'attraction qu'exercent sur eux la banlieue et la dureté de l'existence qui s'est imposée à eux. Une confrontation qui le pousse à s'interroger sur ses choix.
    Suite de K.O., Carnaval peut se lire indépendamment. On y retrouve encore plus affirmé le style musical, dansant, polyrythmique de l'auteur. Pourquoi Carnaval ? Pour la fête bien sûr, et pour le grand défilé des détraqués incarnés par ces personnages hauts en couleur. Dans la célébration comme dans les enterrements, le rire flirte toujours le désespoir.

  • l'île blanche

    Romain Meynier

    Après le très remarqué «Revoir Marceau», le deuxième roman de Romain Meynier, qui se déroule entièrement en Sicile. Tandis ce que le narrateur fête son mariage sur une magnifique île italienne, un incendie se déclenche. S'ensuit une rocambolesque déambulation sur la terre ferme de la Sicile. Le narrateur se voit recueilli et hébergé par des hôtes aussi chaleureux qu'étranges (et pour cause, on finira par découvrir qu'ils sont impliqués dans un triste trafic d'hippocampes), multiplie les rencontres incongrues autour desquelles il perfectionne son italien tandis que sa jeune femme est plongée dans le coma. Avec un art toujours consommé du détail et de la digression, Romain Meynier nous plonge avec le plus grand naturel dans une série de péripéties invraisemblables dans les pas de son personnage en perpétuel décalage avec le monde environnant, et par conséquent profondément attachant.

  • À Villejuif, en banlieue parisienne, Antoine Taupin, cinéaste sur le déclin, est sur le point d'enterrer ses ambitions. Entre les barres d'immeubles et les terrains en friche, il traîne son spleen, tandis que s'ouvre devant lui le chantier du Grand Paris. C'est alors qu'à la sortie d'un Picard Surgelés, il croit reconnaître la silhouette de Bill Murray, qui s'engouffre dans une limousine avant de disparaitre. Qu'est-ce qu'une star internationale pourrait bien faire au beau milieu du Val-de-Marne ? L'apparition du « pape de la mélancolie » incarne-t-elle, pour Antoine, un début de rédemption ? Mais un doute subsiste : s'agit-il vraiment de Bill Murray ?

  • un hiver à Wuhan

    Alexandre Labruffe

    « Poussé par un prof de chinois, j'ai tout quitté, du jour au lendemain, pour aller contrôler, fleur au fusil, la qualité des produits français fabriqués en Chine. Etre l'oeil de l'Occident, son chien de garde, le garant du Made in China : comme un aboutissement prématuré de ma vie. ».

    Ce récit fragmenté concilie un regard documentaire affuté et l'humour désespéré d'un conte voltairien. Alexandre Labruffe y alterne les souvenirs de ses séjours sur place : de 1996, comme contrôleur stagiaire dans des usines locales, à l'automne 2019, en tant qu'attaché culturel à Wuhan. Il recense les micro-apocalypses qui fondent le miracle économique de la République populaire depuis deux décennies et devient le témoin halluciné d'une crise sanitaire révélant sa nature libérale-totalitaire.

  • « Je ne vois pas pourquoi l'amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s'aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s'en foutre, une fois pour toutes, de l'amour. » Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l'identité se pose celle de l'autre et de l'amour sous toutes ses formes, de l'amour maternel aux variations amoureuses. Pour être libre, faut-il accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu'à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin?

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  • Chicago

    Marion Richez

    Un soir d'automne, Ramona débarque à Chicago avec sa lourde valise et s'installe chez sa logeuse, à quelques blocks du campus. Arrivée d'Europe, elle vient enseigner le français pendant un an. Le lac, l'éclat scintillant de la ville, l'obsession de la performance qu'affichent ses étudiants, de même que leur zèle à se couler dans le moule américain - toute cette efficacité de façade trouble la jeune femme, surtout curieuse de l'envers du décor.
    Convaincue que « Chicago n'est pas une page blanche d'où surgissent les gratte-ciels », elle part en quête de son coeur battant. Au concert, à l'opéra, elle ne cesse de croiser un étrange jeune homme dégingandé qui semble partout un intrus, mais comme elle entièrement absorbé par l'émotion du spectacle. Quand, dans un club de blues, elle les rejoint, lui et l'amie plus âgée qui l'accompagne, c'en est fait de sa solitude.
    Ces trois-là ne vont plus se quitter. En visite de fin d'année chez son père à Londres, Ramona se garde bien de lui révéler qu'elle occupe tout son temps libre à explorer la face cachée de Chicago avec un garagiste et une esthéticienne.
    Dans ce beau conte moderne sur une amitié qui se passe de mots, de confidences et d'explications, Marion Richez plonge au-delà des apparences pour toucher au mystère des êtres, et comprendre une part de celui de la ville, indéniablement le quatrième personnage de son roman.

  • Qui est ce soldat énigmatique qui se fait appeler Belleface ? Et quel est le lourd et douloureux secret qu'il dissimule avec tant de précautions à ses hommes ? Rescapé du camp de Treblinka, ancien légionnaire en Indochine, officier légendaire de l'armée israélienne, il commande un avant-poste dans le sud du Liban en 1985. Sa mission : protéger la frontière nord d'Israël contre les attaques du Hezbollah avec l'aide de quelques miliciens libanais à la solde de l'État hébreu. L'arrivée d'un jeune Français ardent et idéaliste au sein de cette communauté d'hommes confinés en territoire hostile, assiégés par un ennemi insaisissable, perdus dans une sorte de désert des Tartares oriental, va être un révélateur. Et faire apparaître le mystère si invraisemblable de la vie de Belleface, héros inconnu dont l'Histoire n'a pas retenu le nom.
    Inspiré de la vie d'un personnage ayant réellement existé, Le Métier de mourir est un beau et grand roman métaphysique, marqué par un romantisme échevelé, où s'entremêlent, autour d'un individu hors du commun, des histoires d'hommes et d'amour, dans des paysages de commencement du monde, au rythme des balles qui sifflent et des Saintes Écritures.

  • En 1965, Randall Webb annonçait à ses phrères que l'Amérique se dotait enfin de son corps électrique, il aurait pour nom le Psycho-Batave. Trois ans après le Psycho-Batave entrait déjà dans son crépuscule, ni moins beau ni poignant que les neuf années de ténèbres qui succéderaient, avec l'exil en Europe du Conducteur Randall Webb.
    Lorsque Don Creux, « la clef de voûte » du Psycho- Batave, décède dans sa Floride natale, la dissolution s'achève. Escorté de Sred Sweign et de sa pupille, l'adolescent Jeremiah, Randall Webb accomplit un périple jusqu'au Désert des Mojaves, où seront dispersées les cendres de Don Creux. Il a toujours su qu'on ne meurt que pour mieux ressusciter. Jeremiah sera initié aux arcanes du Psycho-Batave, afin qu'une deuxième fois la bonne nouvelle soit répandue.

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